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Il y a 1 an

La science cherche le général par le nécessaire; l'art doit chercher le général par le contingent ; pour la science le monde est lié et déterminé ; pour l'art le monde est discontinu et libre ; la science découvre la généralité extensive ; l'art doit faire sentir la généralité intensive ; si le domaine de la science est le déterminisme, le domaine de l'art est la liberté."


Libellés : Challenge ABC 2009, Lecture
Et en effet, il y a de quoi - sous réserve de n'être pas totalement blasé - frissonner. Voyez plutôt : meurtre, mutilation, vengeance destructrice, profanation des restes d'un enfant, ... Tout ou presque y passe. Nos diaboliques (des femmes, bien évidemment) attirent, fascinent, et terrorisent à la fois. Cela pour plusieurs raisons. La première parce que ces personnages se caractérisent par leur excès. Monstrueuses, ces femmes ne sont que démesures : plongeant dans le crime jusqu'au coup, elles atteignent finalement une forme de sublime. Inquiétantes et insaisissables, ce sont des hyperboles ambulantes. La seconde car l'intrigue n'est jamais complètement expliquée : ainsi, chacune des six histoires comporte des zones d'ombre. Et chaque femme étant décrite par des témoins extérieurs, il est finalement impossible au lecteur comme au narrateur de comprendre véritablement le fin mot de l'histoire. Afin d'entretenir ce lourd mystère qui plane d'un bout à l'autre du recueil, Barbey d'Aurevilly se plaît à répéter (à chaque nouvelle, ce qui en deviendrait presque lassant) que la femme qu'il nous décrit est un sphinx : incompréhensible, lointaine, elle est un modèle d'impassibilité. Ainsi disait Brassard d'Alberte dans Le rideau cramoisi : "Les nuits qu'elle venait, elle n'avait ni plus d'abandon, ni plus de paroles, et [...] elle fut toujours aussi difficile à confesser que la première nuit qu'elle était venue. Tout au plus un monosyllabe qui ne faisait pas grande lumière sur la nature de cette fille, qui me paraissait plus sphinx, à elle seule, que tous les Sphinx dont l'image se multipliait autour de moi, dans cette appartement Empire." Vivantes énigmes, ces femmes se caractérisent également par des étrangetés, des anomalies, des incompatibilités physiques. Rosalba est une "Messaline-Vierge" (est-ce possible ? Messaline est tout de même le modèle type de la courtisane) tandis qu'Hauteclaire se caractérise par sa force et sa maculinité. Le couple fusionnel qu'elle forme avec Savigny en va jusqu'à brouiller les déterminations sexuelles : "Chose étrange ! dans le rapprochement de ce beau couple, c'était la femme qui avait les muscles, et l'homme qui avait les nerfs !" Fascinantes et sublimes dans leur dépravation, les diaboliques apparaissent alors comme la preuve vivante qu'il existe quelque chose d'insaisissable qui nous échappe, et qui échappera toujours, malgré les progrès scientifiques ...
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Pour celui que je lirai sans doute en priorité, le choix est biaisé puisque le tome du théâtre de Maeterlinck ne m'appartient pas : je lirai donc une ou deux de ses pièces en priorité. Hors celui-là, je suis tentée par beaucoup de titres, mais à l'instant je ressens l'envie de feuilleter Trois hommes dans un bateau, qui est un gracieux cadeau (encore merci à Lou !) ou de me mettre à un classique du XXème siècle : je pense à La peste, par exemple. J'arrête là avant de citer toute l'étagère ! Celui qui me tente le moins serait sans doute Le maître de Colm Toibin, caché dans la dernière étagère : un ouvrage de littérature contemporaine, acheté sur un coup de tête, et qui ne me fait plus trop envie ... Je ressens également l'envie de relire certaines choses ... Parmi ces envies, A rebours de Huysmans et Le voleur de Darien, livres qui m'avaient profondément marquée l'année dernière, figurent en bonne place.
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