[Le poème du mois]


Pour éviter à ce blog de s'assoupir trop longuement à l'avenir, je me propose d'y déposer un poème différent chaque mois. Ce blog se transformera à l'occasion en écrin-souvenir où je pourrais évoquer une poésie qui compte pour moi. Cela ne m'empêchera pas de continuer mes billets sporadiques à propos de mes lectures ni de parler poésie dans d'autres occasions (découverte d'un recueil, d'un auteur, etc.) Ici, c'est le poème dans son unité, détaché des exposés savants et dans sa plus grande liberté que j'ai envie d'exposer.

A présent, je vais fouiller dans mes cartons, dans mes recueils et - surtout !- dans mes souvenirs, pour vous proposer d'ici peu le poème du mois d'août. A bientôt =)



Musique : Blackfield - 1,000 people
Image :
Museless Shinigami


Résumé pioché sur Internet, juste-comme-ça : Jeanne, dix ans, voyage beaucoup avec son frère aîné Thomas, quatorze ans. Leurs parents, divorcés, vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour qu'ils se rendent en Amérique, le frère et la sœur sont pris dans une tempête inouïe ; leur bateau fait naufrage. Seuls rescapés, Jeanne et Thomas échouent miraculeusement sur une île inconnue. C'est alors qu'ils réalisent qu'ils sont devenus muets, privés de mots : ils ne peuvent plus parler ! Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils vont découvrir un territoire magique, où les mots sont des êtres vivants, où ils ont leur ville, leurs maisons, leur mairie et leur… hôpital ! Une promenade à laquelle Jeanne vous convie.

Un petit livre très rapide à lire, tellement que je reste sur ma faim. C'est un petit roman à parfum d'envol, ou devrais-je dire, de survol. Un joli conte certes, qui fait passer un peu l'amour des mots, des locutions rares et oubliées, tout en critiquant l'enseignement du français aujourd'hui, abstrait, incompréhensible et -surtout- froid. Le message véhiculé par ce livre me touche, et me donne envie, comme la Nommeuse, de feuilleter le dictionnaire en prononçant les mots tout haut. L'écriture est simple, épurée, parfois familière. Ça doit être ça, le style me semble un peu poussif, et finalement beaucoup de phrases prometteuses ne me plaisent pas. Je les trouve souvent un peu bancales, maladroites, tristes dans leurs habits de fête. Il me manque quelque chose. À la suite de cette lecture, j'ai pourtant lu les deux autres livres traitant de ce thème : Les chevaliers du subjonctif et La révolte des accents. Au final, je n’adhère pas vraiment parce que j'y pioche la beauté du message sans pour autant vibrer comme j'aurais pu le faire en entendant cette célébration des mots et de la langue. Pour cette ode au français, j'aurais aimé davantage de jeu, davantage d'amour et d’émotion.



Musique : Porcupine Tree - Blackest Eyes

{Si vous n'avez pas lu ce livre, cette note révèle des éléments de l'intrigue, et de trop nombreuses pistes sur la fin du roman. J'avais besoin d'en parler. Toutes mes excuses.}

Je n'écris pas régulièrement, non. J'ai besoin d'attendre, parfois, que les mots viennent, parce qu'on n'a pas toujours quelque chose à dire sur le dernier livre lu. Ma critique de ce roman là attend depuis longtemps, pour tout dire.
C'est un livre qui m'a étonnée par sa violence. Esthétique, morale et psychologique. Emily Brontë nous livre des personnages torturés, ravagés par leur passion et par leurs souffrances. Le non-dit, le regret hantent les protagonistes. Le passé et ses fantômes se font opressant, tout au long de l'oeuvre, et au delà des générations. C'est l'histoire d'une vengeance, celle de Heathcliff, bohémien recueilli par une famille anglaise, une vengeance par delà la mort, par delà les générations. Ce personnage est fascinant par sa puissance, par toute la souffrance et la frustration qui émanent de lui. Méthodiquement, il a brisé un à un chaque être des deux familles, comme si la vengeance était le seul fil qui le retenait à la vie. Il échouera finalement, quand la fille de Catherine ne répètera pas l'erreur de sa mère ; il lâchera prise au bout d'un long combat mené tout au long de sa vie, et mourra. L'atmosphère dans laquelle baigne ce roman est étrange. Malsaine, violente, presque surnaturelle également. La lande anglaise, les bourrasques de vent, les tempêtes semblent exprimer tous ces tourments de l'âme dont souffrent les personnages du livre. Un roman magistral, qui nous tient en haleine jusqu'aux derniers mots -où, très soudainement, après des années et des années d'obscurité, on est à la fois soulagé et ébloui par ce début d'éclaircie - et qui nous plonge violemment dans cette Angleterre reculée du début XIXème siècle, presque hors du monde.


Musique : Marillion - Invisible Man

Biblio-Swap {Journée Sourire}

Je ne poste pas assez régulièrement, même si j'ai lu pas mal depuis le dernier Harry Potter, je ne suis pas quelqu'un de très constant, moi, je papillonne ... Mais là, ce n'est pas d'un livre dont je vais parler. Non, aujourd'hui, c'est une ~Surprise~ qui occupe cette note. Je m'étais inscrite au Swap du forum Bibliofolie (Le lien est en bas à gauche, suivez mon regard ^^), mais quand j'ai reçu un avis de la poste, je n'ai pas tout de suite fait le lien. Alors je suis allée à la poste, nez dehors, jour pluvieux. C'est après un temps d'attente que j'ai reçu le grand colis tout vert, que j'ai pris, à plein bras. Je l'ai serré contre moi, pour ne pas le faire tomber, et je suis sortie sous la pluie, le sourire aux lèvres. Je me suis sentie comme une gamine devant un gros paquet bien emballé.


J'ouvre. Une petite enveloppe rouge, mais je n'ai pas le droit de l'ouvrir avant d'avoir déballé les paquets, alors toute tremblante, je déballe, déballe. Ce fut vraiment une surprise très agréable, avec de très bonnes perspectives de lecture.
Le colis contenait donc :

  • Du bout des doigts, de Sarah Waters. Je ne connais pas du tout, mais le cadre (Angleterre, XIXème siècle) me plaît énormément, et la couverture m'attire. Je trouve le tableau choisi out à fait charmant.
  • Nadja, d'André Breton. Que je me promets de lire depuis une éternité sans jamais l'avoir ramené un jour chez moi, merci.
  • Poèmes choisis de Byron, édition bilingue s'il vous plaît ! Je pourrais donc m'évader dans la beauté des mots originaux tout en ne me heurtant pas à des incompréhensions et autres problèmes de vocabulaire.
  • Mais aussi ... Des caramels au beurre salé, véritablement délicieux ; et un marque-page bucolique et mignon : "Le bonheur de lire". Moi qui apprécie de lire dans un jardin, l'image me touche beaucoup. Enfin, la petite carte dans l'enveloppe rouge mignonne et au toucher-papier tout doux.

A présent, je me dois de reprendre mes lectures, d'écrire sur les mots passés, d'anticiper les lectures futures. Oh, je suis impatiente de commencer les livres que je viens de recevoir et de découvrir. Je lirais tout cela au plus vite promis, et je ne manquerais pas de consigner un petit mot là-dessus. Encore merci =)

Musique : Klaus Nomi - Total Eclipse

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