[Aucun spoil dans cette note, je réécrirais un mot là dessus après la sortie française.]


J'ai lu le premier tome de Harry Potter à l'âge de 11 ans. Au tout début du livre, je ne voyais pas trop où l'auteur voulait en venir, je trouvais ça assez long, j'avais même ressenti l'envie d'abandonner cette lecture, pour autre chose ... Puis soudainement, j'ai plongé dans cet univers, dans cet autre quotidien, avec ses ennuis, ses habitudes, ses cours, et ses aventures. Je suis partie, loin de ma vie, emmenée par les mots, et j'ai rêvé. J'ai dévoré les trois premiers tomes sortis, puis il a fallu attendre ... J'ai réservé le tome 4 dans ma librairie, pour être sûre de l'avoir à temps. J'ai découvert, jeune encore, le premier film, les premières photos des jeunes acteurs, et ... Une certaine déception, il est vrai. Puis le tome 5, le tome 6 ... Aujourd'hui - hier, pour tout dire - fin du cycle, je clos le dernier livre, terminant une sage commencée alors que j'entrais tout juste au collège. Maintenant je suis à l'université, à traîner ma drôle de vie avec des péripéties habituelles. C'est étrange. J'ai un regard plus sévère qu'autrefois, alors ce livre là, il m'a plu, beaucoup, mais je lui reproche quelques maladresses aussi. Défauts dans le rythme, une ou deux pirouettes narratives qui m'ont un peu gênée. Une dernière note à sourire et à soupirer, parce que maitenant, c'est fini ...

Maintenant, c'est une page de ma vie qui se tourne. C'est un peu trop emphatique, à dire comme ça, mais ça n'en reste pas moins vrai, après tout. Depuis collégienne qui écrivait sa première fanfiction, il y a quand même eu beaucoup de choses vécues. Sept ans, ce n'est pas grand chose dit comme ça, mais en fait, à une échelle personnelle, c'est quand même beaucoup. Je rangerais le livre, sagement, dans la plus basse étagère de ma bibliothèque, à côté des autres. Il y a comme un parfum de nostalgie et de plénitude, quand je me dis, en caressant la couverture "Voilà, maintenant, c'est terminé."


Image : Gold Seven
Musique : Porcupine Tree - Way Out Of Here

J'ai fini il y a quelques temps un grand pavé noir aux allures de livre de sorcellerie. Les rares fois où je me suis promenée, le livre sous le bras, on m'a regardé étrangement, avec mes fripes sombres et mon gros livre bizarre. Qu'en est-il donc, de ce roman, dont j'ai entendu parler un peu partout ?

L'histoire, comme ça : Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs. Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…

J'ai mis du temps à le terminer, car il est assez difficile de plonger dedans dès les premiers mots. L'entrée et l'immersion m'ont toujours paru assez poussives, en vérité. Cependant, c'est un livre agréable, un divertissement de qualité. On trouve tout au long de la lecture un certain "esprit anglais" empruntant aux tons du XIXème siècle, à certaines références de l'époque ; le plongeon historique est amusant. A travers les personnages, les différents milieux, on carresse le lecteur dans le sens du poil. Ajoutons à cela un peu de magie, et du mystère : oh, l'intrigue intéresse, l'auteur éveille notre curiosité malgré nous, et à la fin du livre, on se rend finalement compte de l'importance des pions évoqués ça et là tout au long du récit. Tout se met en place progressivement sans que l'on s'en aperçoive. Une galerie de personnages intéressante mais qui aurait sans doute mérité d'être un peu mieux étoffée ; on regrette parfois un certain manque de détail, ou un ton un peu trop allusif. Comme l'on peut déplorer certaines longueurs à certains points clefs du roman. En vérité, j'ai à redire à ce livre, mais en même temps je l'ai beaucoup aimé, et il y a certains passages où j'étais bien incapable de décoller le nez des pages et de retourner à la réalité. L'époque me plaît, le sujet m'intrigue. Que restait-il pour me déplaire ? Un discours trop élogieux et une bien trop bonne réputation, peut-être. En tant que livre sans prétention, je l'aurais jugé excellent. Quand on lit en quatrième de couverture une référence à Tolkien et une autre à Austen, forcément, on reste un peu plus froid. Cela n'en reste pas moins une très agréable lecture, qui m'a transportée dans un monde peu lointain et très imaginaire.

Sourire, à l'apparition du personnage de Lord Byron, en fin de livre. Déception pour les dernières pages, quelque chose m'a soudain manqué, je ne saurais dire quoi.

Juste un petit billet sur cette nouvelle que j'ai lue il y a quelques temps. Je ne connais pas vraiment le style de Sand, ni ses romans. Toujours est-il que j'ai découvert le récit court et cruel de la vie médiocre d'une provinciale. Pauline rêve, et Pauline jalouse Laurence, belle actrice, auréolée de gloire et de célébrité. Pauline, c'est nous, ancrés dans nos habitudes, à vouloir à tout prix sentir les lumières et les considérations glisser sur notre peau, avant de hurler secrètement de nos brûlures. Ce portrait un peu amer de cette provinciale dévorée de principes, c'est toujours un peu nous quand nous nous disons que nous aussi, si nous avions eu les opportunités, nous aurions réussi. Le texte est écrit simplement, la nouvelle se lit d'une traite, comme ça, dans un après-midi pluvieux. On doute de l'amitié, on plaint Pauline et on la déteste en même temps, tout en se doutant au plus profond de nous que l'on tient plus d'elle que de l'autre, image d'une parfaite réussite et d'une intégrité exemplaire. Il s'agit d'une histoire de l'échec et des espoirs déçus, une chronique soudaine et douce-amère d'un lien humain qui se fissure, et d'un réel aveuglement.



Image : Ewa Brzozowska

Impératrice, Shan Sa

Quatrième de couverture :
"Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle. Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux. Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines. Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons. Elle est devenue impératrice de Chine. Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie. Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée. Elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde. Elle est devenue l’Empereur Sacré Qui Fait Tourner La Roue d’Or. Son nom a été outragé, son histoire déformée, sa mémoire effacée. Les hommes se sont vengés d’une femme qui avait osé devenir empereur. Pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité interdite."

L'écriture coulait, romancée et poétique à la fois. Ce fut un livre agréable à lire et à parcourir, qui m'aura tenue en haleine trois jours. Décrivant avec une certaine finesse psychologique les personnages, leurs sentiments, leurs complots ; nous narrant une montée progressive au pouvoir, de presque-rien à presque-Dieu. Par ce livre, j'ai également découvert des facettes inconnues de l'histoire de Chine, sans savoir quelle part de réalité accorder à cette histoire. Pour tout dire, je ne l'ai considéré que comme un simple roman, instrument d'évasion facile. Cependant, il y avait également quelques lourdeurs dans cette narration, quelques passages où mon regard sautait. Le long cortège du roi en pélerinage me paraissait lent et hypoerbolique, ou tout simplement sans utilité. La fin du livre s'est trainée, fait attendre, mimant sans doute les dernières années de vie, grises et lentes face aux déchaînements de la jeunesse. Lecture agréable, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable, à l'instar d'un autre roman du même auteur que j'avais lu il y a quelques temps : La joueuse de go. Plaisant, mais je ne m'en souviens plus véritablement aujourd'hui.



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