Une bilogie de Murakami
Il y a 5 jours
« A M…, ville importante de Haute-Italie, la marquise d’O…, dame d’excellente réputation, veuve et mère de plusieurs enfants, fit savoir par la presse qu’elle était, sans savoir comment, dans l’attente d’un heureux événement, que le père de l’enfant qu’elle allait mettre au monde devait se faire connaître, et que, pour des considérations d’ordre familial, elle était décidée à l’épouser."
Libellés : Challenge ABC 2008, Lecture
Ce livre de Choderlos de Laclos est devenu un grand nom de la littéraire française et a eu une postérité très riche : influences diverses, adaptations filmées, pièces de théâtre, ... Etrange destin que celui de cette œuvre littéraire, considérée comme le chef d'œuvre de son auteur en dépit de ses autres écrits qui ont bien moins marqué l'histoire littéraire.
Ce livre, bien que datant du XVIIIème siècle, demeure tout à fait actuel : encore aujourd'hui, il garde un certain parfum de scandale, que ce soit dans la manipulation d'innocentes créatures par des libertins, ou par l'exemple d'émancipation féminine à travers l'image de la Marquise. On me dira ce qu'on voudra mais je continue à croire que même aujourd'hui, ce roman va loin. Dans le libertinage comme dans la perversité, et beaucoup, dans cette société où l'on se prétend de plus en plus libre et détaché d'une morale austère voire religieuse, n'accepteraient pas les principes mis en avant par les personnages. Il y a bien sûr ces complots machiavéliques des deux libertins, cette montreuse de marionnettes qu'est la Merteuil, tenant fermement les fils de chaque personnage et leur faisant exécuter des mouvements à son goût ... Jusqu'à ce qu'un des pantins lui échappe et que les fils lui tombent des mains. Le constat des Liaisons dangereuses semble finalement très pessimiste. Les "méchants" sont punis, par la mort, le déshonneur, mais qu'en est-il des "victimes" ? Fuite, entrée en religion, agonies, les innocentes créatures se retrouvent toutes perdues d'avoir seulement approché les deux "monstres". Morale a priori sévère et pourtant ambigüe : le constat des vices et des dangers du monde ne peut se faire qu'après coup, et la raison ne sert ici qu'aux regrets. La lecture de ce recueil de lettres est absolument jouissive tandis que l'on suit les échanges entre la Merteuil et Valmont ainsi que leurs conquêtes, leurs stratégies, leurs réciproques provocations. Les personnages qui se sont perdus perdent peu à peu la parole à leur tour - la lettre de 161 de Madame de Tourvel, notamment, est un véritable chant du cygne - et les scripteurs qui offrent leurs mots pour clore ce roman sont d'une autre nature : place est laissée aux discours moraux et aux lamentations des personnages directement liés aux victimes.
Libertinage, scènes où plane un certain érotisme, jeux de pouvoirs, manipulations, ce recueil, quelque peu sulfureux mais jamais vulgaire, est une œuvre subtile et riche ; l'ordre même des lettres semble avoir été réfléchi, mettant en valeur les disparités de ton et de style entre les personnages. Il joue également avec les points de vue et nous présente, comme par jeu, le même évènement vécu et/ou analysé par plusieurs personnes, créant une connivence avec le lecteur.Libellés : Lecture

Libellés : Digressions
La première surprise de cette création est que les cygnes sont interprétés par des hommes, alors que les rôles étaient initialement prévus pour des ballerines en tutu. C'est l'occasion de créer de nouveau à partir de la partition de Tchaïkovski, soudainement remise en valeur : le chorégraphe a joué avec l'emphase de la musique, avec la douceur, la mélancolie voire l'angoisse qu'expriment certains morceaux. La partition nous apparaît alors dans toute sa beauté, toute sa puissance, tout son décalage aussi, entre classicisme et modernité. A l'image de la danse qui l'orne. Pour ce nouveau Swan Lake, le terme de ballet pantomime est tout à fait approprié : le théâtre, les regards, la gestuelle occupent une place très importante tout au long du spectacle, parfois au détriment de la danse pure, mais cela permet un spectacle accessible même aux néophytes et donne une vision claire des situations problématiques de l'histoire. Malgré cela, il serait à mon sens abusif de dire que la danse est mise de côté. L'acte des cygnes, acte blanc, nous montre de la danse et rien que de la danse. Esthétiquement très beau, assez surprenant car là aussi, il y a jeu sur les différents tons, nous y voyons les danseurs évoluer autour du prince qui se mêle à leur groupe, tente de s'élever aussi haut qu'eux, de tendre les bras quand ils déploient les ailes.Libellés : Arts et Spectacles
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