{Si vous n'avez pas lu ce livre, cette note révèle des éléments de l'intrigue, et de trop nombreuses pistes sur la fin du roman. J'avais besoin d'en parler. Toutes mes excuses.}

Je n'écris pas régulièrement, non. J'ai besoin d'attendre, parfois, que les mots viennent, parce qu'on n'a pas toujours quelque chose à dire sur le dernier livre lu. Ma critique de ce roman là attend depuis longtemps, pour tout dire.
C'est un livre qui m'a étonnée par sa violence. Esthétique, morale et psychologique. Emily Brontë nous livre des personnages torturés, ravagés par leur passion et par leurs souffrances. Le non-dit, le regret hantent les protagonistes. Le passé et ses fantômes se font opressant, tout au long de l'oeuvre, et au delà des générations. C'est l'histoire d'une vengeance, celle de Heathcliff, bohémien recueilli par une famille anglaise, une vengeance par delà la mort, par delà les générations. Ce personnage est fascinant par sa puissance, par toute la souffrance et la frustration qui émanent de lui. Méthodiquement, il a brisé un à un chaque être des deux familles, comme si la vengeance était le seul fil qui le retenait à la vie. Il échouera finalement, quand la fille de Catherine ne répètera pas l'erreur de sa mère ; il lâchera prise au bout d'un long combat mené tout au long de sa vie, et mourra. L'atmosphère dans laquelle baigne ce roman est étrange. Malsaine, violente, presque surnaturelle également. La lande anglaise, les bourrasques de vent, les tempêtes semblent exprimer tous ces tourments de l'âme dont souffrent les personnages du livre. Un roman magistral, qui nous tient en haleine jusqu'aux derniers mots -où, très soudainement, après des années et des années d'obscurité, on est à la fois soulagé et ébloui par ce début d'éclaircie - et qui nous plonge violemment dans cette Angleterre reculée du début XIXème siècle, presque hors du monde.


Musique : Marillion - Invisible Man

Biblio-Swap {Journée Sourire}

Je ne poste pas assez régulièrement, même si j'ai lu pas mal depuis le dernier Harry Potter, je ne suis pas quelqu'un de très constant, moi, je papillonne ... Mais là, ce n'est pas d'un livre dont je vais parler. Non, aujourd'hui, c'est une ~Surprise~ qui occupe cette note. Je m'étais inscrite au Swap du forum Bibliofolie (Le lien est en bas à gauche, suivez mon regard ^^), mais quand j'ai reçu un avis de la poste, je n'ai pas tout de suite fait le lien. Alors je suis allée à la poste, nez dehors, jour pluvieux. C'est après un temps d'attente que j'ai reçu le grand colis tout vert, que j'ai pris, à plein bras. Je l'ai serré contre moi, pour ne pas le faire tomber, et je suis sortie sous la pluie, le sourire aux lèvres. Je me suis sentie comme une gamine devant un gros paquet bien emballé.


J'ouvre. Une petite enveloppe rouge, mais je n'ai pas le droit de l'ouvrir avant d'avoir déballé les paquets, alors toute tremblante, je déballe, déballe. Ce fut vraiment une surprise très agréable, avec de très bonnes perspectives de lecture.
Le colis contenait donc :

  • Du bout des doigts, de Sarah Waters. Je ne connais pas du tout, mais le cadre (Angleterre, XIXème siècle) me plaît énormément, et la couverture m'attire. Je trouve le tableau choisi out à fait charmant.
  • Nadja, d'André Breton. Que je me promets de lire depuis une éternité sans jamais l'avoir ramené un jour chez moi, merci.
  • Poèmes choisis de Byron, édition bilingue s'il vous plaît ! Je pourrais donc m'évader dans la beauté des mots originaux tout en ne me heurtant pas à des incompréhensions et autres problèmes de vocabulaire.
  • Mais aussi ... Des caramels au beurre salé, véritablement délicieux ; et un marque-page bucolique et mignon : "Le bonheur de lire". Moi qui apprécie de lire dans un jardin, l'image me touche beaucoup. Enfin, la petite carte dans l'enveloppe rouge mignonne et au toucher-papier tout doux.

A présent, je me dois de reprendre mes lectures, d'écrire sur les mots passés, d'anticiper les lectures futures. Oh, je suis impatiente de commencer les livres que je viens de recevoir et de découvrir. Je lirais tout cela au plus vite promis, et je ne manquerais pas de consigner un petit mot là-dessus. Encore merci =)

Musique : Klaus Nomi - Total Eclipse

[Aucun spoil dans cette note, je réécrirais un mot là dessus après la sortie française.]


J'ai lu le premier tome de Harry Potter à l'âge de 11 ans. Au tout début du livre, je ne voyais pas trop où l'auteur voulait en venir, je trouvais ça assez long, j'avais même ressenti l'envie d'abandonner cette lecture, pour autre chose ... Puis soudainement, j'ai plongé dans cet univers, dans cet autre quotidien, avec ses ennuis, ses habitudes, ses cours, et ses aventures. Je suis partie, loin de ma vie, emmenée par les mots, et j'ai rêvé. J'ai dévoré les trois premiers tomes sortis, puis il a fallu attendre ... J'ai réservé le tome 4 dans ma librairie, pour être sûre de l'avoir à temps. J'ai découvert, jeune encore, le premier film, les premières photos des jeunes acteurs, et ... Une certaine déception, il est vrai. Puis le tome 5, le tome 6 ... Aujourd'hui - hier, pour tout dire - fin du cycle, je clos le dernier livre, terminant une sage commencée alors que j'entrais tout juste au collège. Maintenant je suis à l'université, à traîner ma drôle de vie avec des péripéties habituelles. C'est étrange. J'ai un regard plus sévère qu'autrefois, alors ce livre là, il m'a plu, beaucoup, mais je lui reproche quelques maladresses aussi. Défauts dans le rythme, une ou deux pirouettes narratives qui m'ont un peu gênée. Une dernière note à sourire et à soupirer, parce que maitenant, c'est fini ...

Maintenant, c'est une page de ma vie qui se tourne. C'est un peu trop emphatique, à dire comme ça, mais ça n'en reste pas moins vrai, après tout. Depuis collégienne qui écrivait sa première fanfiction, il y a quand même eu beaucoup de choses vécues. Sept ans, ce n'est pas grand chose dit comme ça, mais en fait, à une échelle personnelle, c'est quand même beaucoup. Je rangerais le livre, sagement, dans la plus basse étagère de ma bibliothèque, à côté des autres. Il y a comme un parfum de nostalgie et de plénitude, quand je me dis, en caressant la couverture "Voilà, maintenant, c'est terminé."


Image : Gold Seven
Musique : Porcupine Tree - Way Out Of Here

J'ai fini il y a quelques temps un grand pavé noir aux allures de livre de sorcellerie. Les rares fois où je me suis promenée, le livre sous le bras, on m'a regardé étrangement, avec mes fripes sombres et mon gros livre bizarre. Qu'en est-il donc, de ce roman, dont j'ai entendu parler un peu partout ?

L'histoire, comme ça : Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs. Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…

J'ai mis du temps à le terminer, car il est assez difficile de plonger dedans dès les premiers mots. L'entrée et l'immersion m'ont toujours paru assez poussives, en vérité. Cependant, c'est un livre agréable, un divertissement de qualité. On trouve tout au long de la lecture un certain "esprit anglais" empruntant aux tons du XIXème siècle, à certaines références de l'époque ; le plongeon historique est amusant. A travers les personnages, les différents milieux, on carresse le lecteur dans le sens du poil. Ajoutons à cela un peu de magie, et du mystère : oh, l'intrigue intéresse, l'auteur éveille notre curiosité malgré nous, et à la fin du livre, on se rend finalement compte de l'importance des pions évoqués ça et là tout au long du récit. Tout se met en place progressivement sans que l'on s'en aperçoive. Une galerie de personnages intéressante mais qui aurait sans doute mérité d'être un peu mieux étoffée ; on regrette parfois un certain manque de détail, ou un ton un peu trop allusif. Comme l'on peut déplorer certaines longueurs à certains points clefs du roman. En vérité, j'ai à redire à ce livre, mais en même temps je l'ai beaucoup aimé, et il y a certains passages où j'étais bien incapable de décoller le nez des pages et de retourner à la réalité. L'époque me plaît, le sujet m'intrigue. Que restait-il pour me déplaire ? Un discours trop élogieux et une bien trop bonne réputation, peut-être. En tant que livre sans prétention, je l'aurais jugé excellent. Quand on lit en quatrième de couverture une référence à Tolkien et une autre à Austen, forcément, on reste un peu plus froid. Cela n'en reste pas moins une très agréable lecture, qui m'a transportée dans un monde peu lointain et très imaginaire.

Sourire, à l'apparition du personnage de Lord Byron, en fin de livre. Déception pour les dernières pages, quelque chose m'a soudain manqué, je ne saurais dire quoi.

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